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Borne connectée : badges d'accès et contrôle manuel
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Borne connectée : badges d'accès et contrôle manuel

Une borne communicante décide aussi qui a le droit de charger, et démarre ou s'arrête d'un geste. Badges d'accès et contrôle manuel, mode d'emploi.

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Dans un précédent article, nous avons vu comment une borne domestique muette peut se mettre à parler OCPP, le langage commun des bornes communicantes (transformer une borne simple en borne communicante). Une fois ce canal ouvert, deux questions très concrètes apparaissent, que la borne silencieuse n'avait jamais besoin de poser : qui a le droit de lancer une charge, et comment démarrer ou couper une session à la demande.

Tant que la borne ne sert qu'à une seule voiture, ces questions n'existent pas : vous branchez, vous chargez. Dès qu'elle devient pilotable, et potentiellement ouverte à d'autres, il faut un moyen de décider qui charge et un moyen d'agir directement sur la session. Ce sont les deux briques que nous détaillons ici : les badges d'accès et le contrôle manuel.

Le badge : qui a le droit de charger

Sur une borne publique, vous présentez un badge avant de charger. Ce badge porte un identifiant unique, l'idTag dans le vocabulaire OCPP. La borne, ou le système qui la supervise, vérifie que cet identifiant figure dans une liste d'autorisation, la fameuse whitelist, avant de libérer le courant.

Le point important, et souvent méconnu : cette liste vit dans la borne elle-même. Sur les bornes qui le permettent, la whitelist est stockée en mémoire non volatile, à l'intérieur du matériel. Elle survit à une coupure de courant, à un redémarrage, et surtout à la disparition d'un cloud constructeur. Une borne dont le backend a fermé continue d'autoriser les badges qu'elle connaît déjà.

Ajouter un badge tient en un geste : la borne entre dans un mode d'attente, vous présentez le badge devant le lecteur, et la borne enregistre son identifiant. C'est l'enrôlement par présentation, le tap-to-enroll. Aucun numéro à saisir à la main, le badge physiquement présent suffit. La suppression suit le chemin inverse : vous désignez l'identifiant à retirer, la borne l'efface de sa liste.

Selon le modèle, un badge peut même porter un comportement de charge : tel badge déclenche une charge économique calée sur les heures creuses ou la production solaire, tel autre une charge à pleine puissance. L'autorisation et la politique de charge tiennent alors dans le même geste.

Le contrôle manuel : démarrer et couper à la demande

Le badge répond à la question de l'autorisation. Reste celle de l'action : comment lancer une charge, ou l'arrêter, sans attendre qu'une voiture et un badge se présentent ensemble ?

C'est le rôle du contrôle manuel. Depuis une application ou un superviseur, deux commandes suffisent : démarrer la session, arrêter la session. En langage OCPP, ce sont les ordres RemoteStartTransaction et RemoteStopTransaction, soit littéralement « démarrer » et « arrêter » la transaction de charge. La borne reçoit l'ordre, libère ou coupe le courant, puis confirme.

Ce contrôle direct débloque plusieurs situations quotidiennes :

  • Un invité se présente sans badge : vous lancez sa charge à distance, le temps de sa visite, sans rien enrôler.
  • Vous voulez caler la recharge sur une plage précise : vous démarrez au début des heures creuses, vous coupez à la fin.
  • Une session reste bloquée ou la voiture ne coupe pas d'elle-même : un arrêt manuel remet tout au propre.

Un garde-fou complète le dispositif : si le superviseur qui pilote la borne disparaît, par exemple une coupure réseau en pleine session, la borne ne reste pas indéfiniment ouverte. Au bout d'un délai de grâce configurable, elle arrête proprement la charge en cours. Le contrôle manuel n'est jamais un chèque en blanc laissé à un système qui aurait planté.

Deux briques qui se répondent

Prises séparément, ces deux briques sont utiles. Ensemble, elles transforment une borne en équipement réellement administrable. Le badge répond à qui, le contrôle manuel répond à quand et comment. Et comme chaque session démarre avec un identifiant connu, la borne sait attribuer chaque kilowattheure délivré à un badge précis.

Cette traçabilité est la clé d'une facturation juste. Tant que la borne charge anonymement, impossible de dire qui a consommé quoi. Dès que chaque session est rattachée à un badge ou à un déclenchement identifié, la consommation se ventile proprement : tant pour vous, tant pour un locataire, tant pour un voisin. La borne cesse d'être une simple prise pour devenir un point de service mesuré.

De la maîtrise au partage

Une fois que vous décidez qui charge et que vous pilotez les sessions, une possibilité s'ouvre naturellement : ouvrir votre borne à d'autres conducteurs, sur les longues plages où aucune de vos voitures n'y est branchée.

C'est exactement ce que PotatoCharge orchestre. Plutôt que de distribuer des badges physiques à chaque voisin, chaque session passée par la plateforme est authentifiée de bout en bout, par l'application ou par un code à usage unique, et tracée pour la facturation. Le conducteur de passage lance sa charge, la borne mesure ce qu'elle délivre, vous touchez le revenu correspondant. L'autorisation et le contrôle manuel que nous venons de décrire sont la fondation technique sur laquelle ce partage repose.

Ouvrir votre borne en tant qu'hôte particulier ou mettre une borne d'entreprise au service du public.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un badge d'accès, ou idTag, sur une borne de recharge ?

C'est un identifiant unique porté par un badge RFID. Avant de libérer le courant, la borne vérifie que cet identifiant figure dans sa liste d'autorisation. Le badge répond à la question : qui a le droit de charger ?

La liste des badges autorisés dépend-elle d'un cloud ?

Non, sur les bornes qui gèrent leur whitelist localement. La liste est stockée dans la borne, en mémoire non volatile. Elle survit aux coupures et à la fermeture d'un backend constructeur : la borne continue d'autoriser les badges qu'elle connaît déjà.

Peut-on démarrer une charge sans badge ?

Oui, via le contrôle manuel. Depuis une application ou un superviseur, les commandes de démarrage et d'arrêt à distance (RemoteStartTransaction et RemoteStopTransaction en OCPP) lancent ou coupent une session sans présentation de badge.

Que se passe-t-il si le superviseur tombe pendant une charge ?

Un délai de grâce configurable protège la borne : passé ce délai sans nouvelles du superviseur, elle arrête proprement la session en cours plutôt que de rester ouverte indéfiniment.